Les sachets plastiques au Bénin, un fléau qui détruit l’environnement
Les sachets plastiques, que l’on utilise au quotidien, sont devenus une menace pour l’environnement. Un problème qui existe encore au Bénin, malgré l’interdiction des sachets plastiques.
Depuis leur invention dans les années 1960, ils ont envahi tous les espaces, des rues des grandes villes aux océans. Leurs effets dévastateurs sur la planète sont indéniables, et chaque geste compte pour inverser cette tendance.
Des chiffres alarmants
Chaque année, les humains consomment environ 500 milliards de sachets plastiques, avec une durée d’utilisation moyenne de 12 minutes avant d’être jetés. Pourtant, un sac plastique peut mettre jusqu’à 500 ans à se décomposer dans l’environnement.
En Afrique, et particulièrement au Bénin, les sachets sont omniprésents dans les marchés, mais leur gestion pose un sérieux problème écologique. Dans la vie quotidienne, on observe la présence de déchets plastiques dans les rues, les marchés et certains quartiers. Des sacs plastiques s’accumulent souvent dans les espaces publics, formant des « poubelles sauvages ». Lors des pluies, il y a parfois des inondations causées par des canaux bouchés, affectent directement la qualité de vie des habitants. Cela a été observé à Cotonou et dans d’autres villes où les rues sont souvent inondées après de fortes pluies à cause des déchets plastiques.
Le problème prend sa source dans la production et la distribution massive des sachets plastiques, qui sont largement utilisés pour emballer divers produits. Leur faible coût et leur accessibilité en font un choix courant, mais ils finissent souvent dans la nature, car leur gestion n’est pas toujours bien encadrée. En l’absence d’alternatives plus écologiques et d’un système de collecte efficace, ces sachets se retrouvent fréquemment dispersés dans l’environnement.

Les sachets plastiques sont aussi destructeurs pour les écosystèmes marins et terrestres. Huit millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans chaque année, causant la mort de nombreuses espèces marines. Des tortues, des oiseaux, et des poissons ingèrent ces déchets, souvent par confusion avec leur nourriture, ce qui peut les tuer ou les rendre malades.
Les risques pour la santé humaine
En plus des dégâts environnementaux, les sachets plastiques posent des risques pour la santé humaine. Au Bénin, il est fréquent de brûler les déchets à ciel ouvert, y compris les plastiques. Cette pratique libère des substances toxiques comme les dioxines, qui peuvent causer des maladies respiratoires et des cancers. De plus, les plastiques qui finissent dans l’océan sont consommés par les poissons, qui à leur tour peuvent être mangés par les humains, propageant ainsi des toxines dans la chaîne alimentaire.

La SGDS : une action essentielle au Bénin
La Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS) au Bénin joue un rôle crucial dans la lutte contre ce fléau. Créée en 2020, la SGDS a pour mission de collecter, traiter et valoriser les déchets solides, y compris les sachets plastiques. Avec des actions de sensibilisation dans les écoles et des campagnes de nettoyage, la SGDS incite les Béninois à adopter des comportements plus responsables en matière de gestion des déchets. Elle travaille aussi à améliorer la collecte et le tri des plastiques pour éviter qu’ils ne finissent dans la nature. En collaboration avec les communes, la SGDS met en place des projets pour encourager le recyclage et le compostage des déchets organiques, tout en réduisant l’usage des plastiques à usage unique. Par exemple, des poubelles spécialisées pour le tri des plastiques sont en train d’être installées dans plusieurs quartiers de Cotonou, une première étape importante pour un meilleur traitement des déchets.
Les initiatives locales
En plus des efforts de la SGDS, d’autres initiatives voient le jour au Bénin pour réduire la consommation de sachets plastiques. En 2017, le gouvernement béninois a adopté une loi interdisant la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs plastiques non biodégradables. Cette loi vise à promouvoir l’utilisation de sacs réutilisables et biodégradables.
Des entrepreneurs locaux ont également commencé à proposer des alternatives écologiques, comme des sacs en toile ou des emballages fabriqués à partir de matériaux recyclés, par exemple la pâtisserie écoresponsable MP Brioche. Les marchés et supermarchés de Cotonou, tels que Erevan, encouragent désormais leurs clients à apporter leurs propres sacs réutilisables.
Il existe des associations, telles qu’Engagement action sociale, organisent des actions de ramassage des déchets.
Agir est essentiel
L’action individuelle est tout aussi cruciale que les politiques publiques. Chacun de nous peut contribuer en adoptant de simples gestes, comme utiliser des sacs réutilisables au lieu de sachets plastiques, participer aux campagnes de nettoyage organisées par la SGDS et d’autres associations, sensibiliser son entourage sur les dangers des plastiques pour l’environnement et la santé.
Le Bénin est sur la bonne voie avec des initiatives comme celles de la SGDS, mais pour qu’elles aient un véritable impact, il est essentiel que chaque citoyen s’engage activement. Les sachets plastiques détruisent non seulement la planète, mais aussi notre qualité de vie. C’est maintenant qu’il faut agir, avant qu’il ne soit trop tard.