Choiseul Africa Summit 2025: l’opportunité pour les entrepreneurs

Article : Choiseul Africa Summit 2025: l’opportunité pour les entrepreneurs
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5 mars 2025

Choiseul Africa Summit 2025: l’opportunité pour les entrepreneurs

Au cours du cocktail dînatoire du Choiseul Africa Summit, des discours ont été prononcés, mettant en avant l’industrialisation et l’entrepreunariat, qui sont fondamentaux pour l’économie. 

Dans la salle Collines du Sofitel Hôtel Cotonou, l’événement a débuté, avec pour maître de cérémonie Ozias Sounouvou, présentateur à la chaîne Nationale et Salématou Sako Camara, marquant un tournant décisif pour le développement du continent.

Près de 90 millions de dollars ont été décaissés pour financer des projets ayant un but écologique, a affirmé le directeur générale d’Africa50. Cette plateforme d’investissement, qui mobilise des fonds publics et privés pour financer des infrastructures stratégiques en Afrique, s’affirme comme un véritable pont entre les réseaux du nord, de l’ouest, de l’est et du sud. L’occasion est offerte d’accéder à des opportunités. Mariam Talata souligne : « Il faudrait devenir acteur et non observateur de l’économie. »

Le Bénin, pays en mutation

Le Bénin est porté par des réformes et un soutien accru aux entrepreneurs. Chaque franc dépensé est une réforme. L’avenir du pays repose sur sa jeunesse, une jeunesse de plus en plus animée par le désir d’entreprendre et d’innover. Pourtant, tous n’ont pas la chance ni les moyens de concrétiser leurs projets… du moins, c’est ce que l’on croit.

Le Choiseul Africa Summit 2025 a abordé plusieurs thématiques essentielles, dont l’accès aux financements pour stimuler la compétitivité, l’innovation et la croissance des entreprises en Afrique de l’Ouest. En réalité, tout porteur de projet a la possibilité d’être écouté et, mieux encore, accompagné.

Au Bénin, l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME) joue un rôle clé. Comme son nom l’indique, cette structure accompagne les jeunes entrepreneurs. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’est pas nécessaire d’avoir une entreprise légalement constituée pour solliciter leur appui. Comme l’a précisé Laurent Gangbes, Directeur Général de l’ADPME, « toute personne disposant d’un projet peut frapper à la porte de l’ADPME ». L’agence tient une plateforme pour le dépôt des dossiers à distance, ainsi qu’un processus physique pour ceux qui préfèrent soumettre leur projet sous forme écrite. Le fonctionnement de cette structure est simple : après analyse de la demande, elle oriente les entrepreneurs vers des cabinets spécialisés pour les aider à formaliser et rédiger leur projet.

Une phrase brève mais percutante a été prononcée : « Les PME ont besoin d’amorçage. » Cependant, un frein majeur persiste. Lors de son intervention, Aïssatou Soumare, Directrice Générale de la Société Générale du Bénin, a rappelé le coût du risque : « Prêter aux PME est plus risqué que de prêter à une entreprise normale. » En d’autres termes, les PME doivent atteindre un certain niveau financier avant d’espérer obtenir un financement bancaire.

Maryse Lokossou, Directrice Générale de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDCB), a précisé que des structures comme la Société Générale ne sont pas destinées au soutien direct des PME. Les PME doivent d’abord mobiliser 40 % de leur investissement avant que les banques ne puissent les financer. La CDCB intervient en comblant ce manque pour accompagner les PME. Cette institution est née de la vision du président Patrice Talon, qui souhaite renforcer l’implication du secteur privé dans l’économie.

Patrice Talon, président du Bénin. © Michel Euler / AP
Patrice Talon, président du Bénin. © Michel Euler / AP

Ismaël Cissé, Directeur d’Infinity Africa Group, catalyseur d’innovation et de progrès en Afrique, en révolutionnant le secteur immobilier et technologique, pense que l’État béninois et l’Afrique en général doivent exploiter la capacité d’innovation du secteur privé et l’associer aux financements publics pour créer un écosystème performant.

Sandra Amichia, Cheffe de mission résidente au Bénin de la Banque de l’Afrique de l’Ouest, a quant à elle rappelé un slogan évocateur : « Innover – Transformer – Impacter. » Le besoin de financement des jeunes entrepreneurs est estimé à près de 400 milliards de dollars. Le Fond Africain de Developpement de en 2023 un prêt de 39 millions d’euros au Bénin pour soutenir les innovations vertes et les startups technologiques.

Des enjeux environnementaux

C’est ici que l’environnement prend toute son importance. Aujourd’hui, les grandes entreprises et les investisseurs privilégient les initiatives écologiques comme MP Brioche, la fabrication de charbon écologique ou encore les tricycles Ecozem. Un projet qui ne comporte ni technologie ni dimension environnementale perd 50 % de ses chances d’obtenir un financement.

Lors du panel, un participant a remis en question l’impact environnemental de l’industrialisation béninoise, en particulier celle de la GDIZ. En réponse, Léontondji Beheton, Directeur Général de la zone industrielle de Glo-djigbé (GDIZ), a affirmé que leurs 28 unités de transformation fonctionnent en limitant les déchets. « Tout ce qui est utilisé à la GDIZ procure zéro déchet. Les peaux de noix de cajou sont réutilisées, les eaux sont filtrées et réutilisées, et rien ne pollue le sol. » Il a affirmé avoir bu l’eau filtrée issue du lavage des produits afin de prouver ses dires.

Certifier ses produits

Une fois qu’un entrepreneur atteint un certain niveau de développement, il devient impératif de certifier ses produits et de les exporter. COTECNA, un leader mondial en inspection, analyse et certification, offrant des solutions pour sécuriser et optimiser la chaîne d’approvisionnement, est l’entreprise qui délivre le « visa » aux produits. Antoine Anney, son Directeur Général, a rappelé que leur mission est de garantir la qualité des produits pour faciliter leur exportation.

Bernard Kastler, Directeur de la Promotion des Investissements et Exportations (APIEX), encourage vivement les entrepreneurs à suivre les formations organisées à l’hôtel Azalaï, en partenariat avec l’ADPME. Ces formations permettent de comprendre les différentes étapes nécessaires à l’exportation des produits.

Cette thématique était l’une des plus importantes et instructives du Choiseul Africa Summit. Moi, Marveen Promise Aïnadou, jeune Entrepreneure et créatrice de MP Brioche la pâtisserie écoresponsable, pensais déjà connaître beaucoup de choses. Pourtant, ce panel dirigé par les meilleurs experts de leurs domaines, m’a permis d’acquérir des connaissances encore plus approfondies sur les portes à frapper pour obtenir le bon soutien et éviter les impasses.

Jeune entrepreneur, retiens ceci

Ce sommet, organisé avec le Gouvernement du Bénin, s’est tenu au Sofitel du 26 au 27 février 2025. Une expérience inoubliable, riche en enseignements et en opportunités.

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Commentaires

Herbert Freezy Photography
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Très beau texte, belle présentation et très esthétique/original

AYOSSOU Edison
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Je ne cesse de relire cet article. Il révèle le quotidien des jeunes africains notamment béninois qui se défendent à sortir haut dans l'entrepreneuriat. Merci beaucoup à vous , pour avoir partagé avec nous beaucoup de structures pouvant accompagner nos projets.

Djidjignon Bassiano
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Très beau texte. Et merci beaucoup d'avoir partagé les points essentiels de ce sommet avec nous qui n'y étions pas